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Les élections approchent et la santé sera sûrement l'un des enjeux principaux

Publiée le 20 février 2022, Journal de Montreal

(Lettre ouverte aux chefs des partis politiques du Québec)

Au début de l’année 2019, mon équipe et moi commencions la production d’un film documentaire international, dont le titre est Inactivity Pandemic. Le mot «pandémique» était déjà présent, presque annonciateur d’un désastre en cours dans le monde de la santé. Mais pas celui de la COVID-19. Chaque année, le nombre de décès liés à cette pandémie est semblable au nombre de décès annuels liés à la COVID-19. La COVID-19 a contribué à l’empirer. Une crise sanitaire pourtant simple à prévenir et à renverser: l’inactivité physique. Et les projections des experts filmés sont terrifiantes. Les effets de cette autre pandémie mondiale étaient déjà dévastateurs avant la COVID-19, et cette fois, elle s’attaque directement à nos enfants.

Outre les décès, il y a la panoplie de maladies directement reliées à l’inactivité physique et qui coûtent cher à notre système de santé: l’obésité, plusieurs formes de cancer, le système immunitaire affaibli de façon importante, le diabète, la haute pression sanguine, la dépression, la fibromyalgie, l'anxiété, les suicides, la diminution de la productivité, l'augmentation des risques de développer des maladies neurodégénératives comme la démence, l’Alzheimer et le Parkinson, il y a aussi l’arthrite, les problèmes articulaires et même de coordination. Et si vous attrapez la COVID-19, les risques d’hospitalisation triplent. La science est pourtant claire et unanime: la plupart des problèmes de santé sont liés à l'inactivité physique.

Le sport en première ligne

Durant cette crise de la COVID-19, nous avons fermé les gyms et mis en arrêt la majorité des sports, incluant ceux en milieu scolaire. Parfois même avant la fermeture ou la réouverture des bars et des restaurants. Il est temps de cesser de voir les sports, l’éducation physique ou les centres de conditionnement physique comme des sites de simples loisirs. Nous devons les placer et les traiter en priorité pour prévenir et même combattre les maladies, et par le fait même nous réduirons les coûts excessifs du système santé que nous payons. La science est pourtant claire: l’activité physique aide même à combattre les formes graves de COVID-19, ainsi que toute autre forme de coronavirus et plusieurs autres maladies, d'ailleurs.

Il est temps d’asseoir à vos tables de concertation des experts du monde de l’activité physique et de les mettre au centre des préoccupations du système de santé. La devise «Un esprit sain dans un corps sain» se veut d’actualité plus que jamais.

Une étude du Lancet estime que d’ici 20 ans, plus de 60% de nos jeunes seront obèses. Vingt ans, c’est demain. Les coûts de la santé pourraient doubler si rien n’est fait aujourd’hui. Serons-nous capables d'absorber de tels coûts? Est-ce la fin d’un système de santé publique? Et que penser de la productivité sociale et économique de cette génération?

Des cours d’éducation physique chaque jour

Le temps presse, alors alerte au divulgâcheur, je vais faire ce qui ne se fait jamais en cinéma. Je vous donne l’une des multiples conclusions de notre film avant sa sortie.

Les experts rencontrés sont unanimes. La base d'un système de santé est d'assurer des cours d’éducation physique à tous les jeunes du primaire et du secondaire, et ce, tous les jours, avec idéalement 60 min d'activité physique en début de journée.

L’effet d’une telle mesure a des impacts immédiats et stupéfiants, dont le renforcement du système immunitaire, une meilleure santé physique et mentale, de meilleurs résultats scolaires, des jeunes moins agités et plus concentrés en classe, une diminution significative de cas de TDAH, une diminution massive des médications comme les antidépresseurs, une meilleure gestion des conflits grâce aux sports d’équipe, mais surtout, elle crée une génération avec des habitudes de vie qui perdurent dans le temps. Cela vaut aussi pour les adultes.

Nous avons créé une génération de jeunes qui ne bougent plus assez et dont un trop grand nombre ont peur de l’effort. Pendant ce temps, en Chine, les jeunes reçoivent 2 h d’éducation physique par jour. Imaginez l’impact que cela aura par rapport à nous dans 20 ans. Il devient impératif de mettre en place des mesures pour notre avenir collectif. Ça débute à la maison et ça se poursuit avec l’éducation sportive en milieu scolaire. Car c’est à l’école que ces mesures positives auront le plus d’impact.

L'école est également le meilleur moyen d'améliorer la santé physique et mentale des enfants. Pourquoi? L'école est le seul lieu où ils se retrouvent tous en même temps, presque tous les jours.

Il est temps de revoir notre façon de gérer le système de santé, en commençant par la mise en place d’un système d’éducation où les jeunes pourront développer la base de leur santé physique et mentale, et de créer de saines habitudes de vie qui les suivront, alors que la qualité de vie sera améliorée et que les coûts du système de santé seront allégés. Un retour au modèle qui a fait ses preuves durant des décennies avant nous, tandis que l’exercice dominait en milieu scolaire avec 60 min d’éducation physique par jour. Il faut mettre en place des infrastructures et des politiques qui facilitent l’activité physique pour tous.


Karl Talbot

TALK Encounters, réalisateur et producteur du film Inactivity Pandemic


Co-signé par

Jim Baugh

Président de PHIT America





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